13.12.2006
Le millésime 2006
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Le soleil ne s'est pas levé ce matin sur Génissac... Une atmosphère étrange règne alors dans ce petit village, comme si le temps s'était arrêté. Ces moments-là sont propices à la réflexion et au bilan. Nous arrivons pas à pas à la fin de l'année, l'année du millésime 2006. Mais qui est-il finalement, ce millésime? Quelles sont les impressions qu'il nous laissera? Que nous donnera-t-il?
Tout juste entrée dans le milieu viti-vinicole, je ne me permettrai pas de vous en parler, au risque de dire des bêtises! Je laisse la plume à notre vigneron préféré qui, ce matin, était fort bien inspiré.
Bonne fin de semaine et à très vite!
Sophie
MILLESIME 2006 : un millésime de vigneron
Le départ de la végétation en Avril s’effectue par un débourrement très régulier des bourgeons. Nous avons souvent trop de pousses sur chaque pied de vigne et nous devons faire un éclaircissage manuel assez sévère pour éviter un futur entassement des branches.
Début juin, la floraison est assez étalée mais se passe dans de bonnes conditions. Nous avons de belles grappes parfaitement fécondées.
Le climat du printemps est sec et la vigne pousse bien. Nous effectuons un palissage bien vertical de chaque branche.
Malgré ce beau temps, nous maintenons notre effeuillage habituel fin juin, début juillet. Le côté soleil levant est entièrement effeuillé au niveau des raisins et le côté soleil couchant est effeuillé à 50%. Nous voulons assurer un certain ensoleillement des grappes et une bonne circulation de l’air.
Le mois de juillet est sec et caniculaire, le millésime s’annonce précoce.
Nous passons un mois à suivre chaque pied pour éclaircir les raisins pour éviter les recouvrements, éliminer les grappes ayant du retard de maturité (floraison étalée), ou parfois couper seulement des moitiés de grappe car elles sont exceptionnellement grosses.
Début août, malgré la grande sécheresse, pour prévenir tout risque de développement de pourriture à la vendange, nous choisissons de maintenir le traitement anti-pourriture.
La pourriture est une maladie qui ne se traite qu’en préventif. Nous devons effectuer un traitement à la floraison et un traitement début véraison. La décision est toujours difficile car ce sont des traitements chers qui sont parfaitement inutile si les vendanges s’effectuent sous un beau soleil. Pour assurer une qualité régulière de notre raisin, nous avons pour politique de traiter systématiquement tous les ans.
Les quelques millimètres de pluie et la fraîcheur de la deuxième quinzaine d’août seront les bienvenus pour atténuer le stress hydrique très important et faciliter la maturité du raisin.
Le beau temps estival retrouvé début septembre prépare un raisin vraiment magnifique et nous rêvons à un très grand millésime.
Huit jours avant vendange, le temps devient instable avec des averses et des orages localisés. La pluviométrie est très différenciée : certains village comme Génissac ont la chance de ne recevoir que 20mm de pluie, d’autres plus de 100 mm….
Dans les vignes qui sont feuillues et qui présentent des entassements de raisins, l’état sanitaire se dégrade très rapidement et la vendange doit se faire en urgence sur un raisin qui commence à pourrir.
Les vignerons qui ont osé apporter tous les soins nécessaires à leur vignoble gardent un raisin parfaitement sain et vont attendre la pleine maturité pour vendanger.
La politique de qualité maximale que nous avons effectuée à la vigne du débourrement à la véraison est parfaitement récompensée.
Château PENIN 2006 rouge est coloré, riche, puissant et fruité. Nous sommes très proche de la qualité du célèbre 2005.
Le blanc est très aromatique et gras en milieu de bouche. C’est un de notre plus beau millésime.
Le Rosé est léger, tendre et fruité.
Le Clairet est goûteux et gouleyant.
Patrick Carteyron
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